Une amie m’a dit qu’en voyant les photos de Lombok sur Instagram, ça lui a donné envie d’y aller. Ni une ni deux, elle a pris son billet pour l’Indonésie. Comme elle n’avait pas trouvé grand-chose de clair sur Google avant de partir, elle a beaucoup fouillé les forums et groupes Facebook, et à son retour, elle m’a proposé qu’on rédige cet article pour celles et ceux qui, comme elle, hésitent un peu à cause des histoires et commentaires qu’on peut lire sur Lombok, Kuta Lombok ou les plages du sud.
L’idée ici n’est pas de faire peur, ni de te vendre un paradis totalement safe, mais de remettre les choses à leur place : ce qu’on lit vraiment sur la sécurité à Lombok, ce qui peut poser problème sur place (scooter, routes isolées, petits vols, environnement moins “carte postale” que sur Insta), et comment organiser ton voyage en Indonésie pour profiter de l’île sereinement.
Lombok dangereux ou pas ? Ce que disent vraiment les voyageurs
La plupart des retours récents sur Lombok vont dans le même sens : non, l’île n’est pas considérée comme particulièrement dangereuse. Mon amie a passé une semaine ou plus sans aucun danger perceptible, avec des gens super accueillants et énormément moins de touristes qu’à Bali. Son conseil : comme partout, on évite de circuler en pleine nuit dans des endroits peu fréquentés, surtout dans le sud de Lombok.
Sur les anciens fils de forums, elle retrouvait déjà cette nuance : Lombok n’est pas un endroit avec une insécurité permanente, mais il existe une petite délinquance (vols de scooters, vols sur la plage, vols dans certains hôtels) comme dans tout l’archipel. Les locaux eux-mêmes rappellent qu’il suffit d’observer des règles d’élémentaire prudence : ne pas laisser de gros billets qui dépassent de la poche, cadenasser son deux-roues, ne pas abandonner ses affaires sur le sable d’une plage déserte.
Ce qui ressort des articles récents, c’est que Lombok est globalement une île sûre, avec un niveau de criminalité plus bas que certains endroits de Bali, en particulier Kuta côté Bali. Les auteurs parlent d’un “crime index” modéré, de criminalité violente extrêmement rare et de risques surtout liés aux petits vols et à quelques zones à éviter la nuit, notamment certaines routes isolées du sud ou des quartiers de Mataram.
Sur place à Lombok : ce qui peut vraiment poser problème
Scooter dans le sud de Lombok : Kuta Lombok et les routes isolées
Louer un scooter à Kuta Lombok est le meilleur moyen de visiter le sud de l’île : plages de Tanjung Aan, Selong Belanak, Mawun, presqu’îles un peu plus sauvages, itinéraires paradisiaques au crépuscule. Mais c’est aussi là que se concentrent plusieurs risques : routes parfois abîmées, montées et descentes assez raides, peu d’éclairage, chiens qui traversent, conducteurs pressés, et quelques témoignages de vols ou d’agressions sur des routes très isolées, notamment dans les montées loin des villages.
Conseil : si tu restes autour de Kuta Lombok ou de Senggigi, que tu rentres avant la nuit et que tu évites les longs tronçons isolés à 20 ou 30 km dans les collines, tu limites déjà beaucoup le risque. Là où les histoires deviennent traumatisantes, c’est souvent de nuit ou à l’aube, sur une route déserte, avec un scooter chargé et aucun témoin autour.
Si tu n’as jamais conduit de scooter, ce n’est pas forcément sur ces routes-là qu’il faut tester pour la première fois. Dans ton itinéraire en Indonésie, tu peux tout à fait privilégier Bali (par exemple Ubud ou les alentours) pour des premiers trajets simples, ou choisir de te déplacer en voiture avec chauffeur sur Lombok pour les grosses distances.
Vols opportunistes et arnaques : comme dans le reste de l’Indonésie
Côté criminalité, les guides de voyage sur l’Indonésie le répètent : les violences graves contre les touristes sont rares, à Bali comme à Lombok, et le risque principal reste le vol opportuniste ou la petite arnaque. Sur Lombok, cela veut dire surtout des sacs posés sans surveillance, un téléphone laissé sur une table de plage, une chambre laissée ouverte, ou des scooters non cadenassés.
Les conseils sont très basiques mais efficaces : garder ses papiers et son cash répartis à deux endroits, utiliser le coffre de la chambre quand il y en a un, ne pas montrer tout son argent au moment de payer, ne pas laisser ses affaires traîner sur le sable pendant qu’on va faire du snorkeling ou commander plus loin. Les arnaques classiques existent aussi : prix de taxis gonflés, faux “frais de port” ou “taxes” dans certains ports, rabatteurs très insistants à Bangsal pour les bateaux vers Gili Air ou Gili Trawangan. Là encore, rien de spécifique à Lombok : c’est pareil dans beaucoup de coins d’Indonésie.
Plages paradisiaques et réalité des déchets
Malheureusement il y a tout de même de la pollution plastique sur certaines plages de Lombok, en particulier sur des portions de la côte nord, sud et ouest. Mon amie n’a pas pu se baigner certains jours parce que l’eau et le sable étaient couverts de déchets, ce qui a cassé un peu l’image paradisiaque vendue sur Instagram.
Ce n’est pas un danger au sens sécurité, mais c’est important de le savoir pour ajuster tes attentes : Lombok, comme une bonne partie de l’archipel indonésien, est magnifique, mais elle subit aussi de plein fouet le problème des déchets marins. Ça ne veut pas dire que toutes les plages sont impraticables, juste qu’il peut y avoir des jours ou des zones moins glamour que sur les photos.
Santé, alcool et excursions en boat
Quand tu pars en voyage en Indonésie, il faut aussi garder en tête les risques plus “invisibles”. Plusieurs pays (Australie, Canada, etc.) signalent par exemple des cas d’empoisonnement au méthanol dans des alcools frelatés à Bali et à Lombok : on évite les cocktails très bon marché dans des bars douteux, on ne laisse pas son verre traîner, et on ne boit pas n’importe quel alcool local en bouteille sans étiquette claire.
Même logique pour les excursions en boat vers les îles Gili (Gili Air, Gili Meno, Gili Trawangan) ou vers d’autres îles de l’archipel : toutes les compagnies n’ont pas les mêmes standards. Si le bateau est surchargé, que les gilets sont introuvables ou que tu sens qu’on essaie de te presser pour partir alors que tu n’es pas rassurée, tu as le droit de refuser et de choisir un autre “boat” le lendemain.

Lombok quand tu es une femme : solo, entre copines ou en couple
Mon amie s’est sentie en sécurité à Lombok mais elle tient à souligner qu’il faut rester attentive, surtout la nuit et sur les routes.
En voyageant à deux – en couple ou entre amies – on se fond assez vite dans le flux des touristes. On te propose des cours de surf, des scooters, des excursions vers le volcan Rinjani, des bons plans pour visiter les rizières de Tetebatu. Personne ne s’étonne spécialement de te voir là.
En solo, tu suscites davantage de curiosité, surtout en dehors des zones très touristiques. On peut te demander si tu voyages seule, où est ton mari, combien de temps tu restes en Indonésie. Tu peux répondre simplement et garder le contrôle de l’échange : oui, tu voyages seule mais tout va bien ; tu rejoins des amis plus tard ; tu n’as pas besoin qu’on t’accompagne. Si les questions deviennent pesantes, tu écourtes en souriant, tu changes de sujet ou tu t’éloignes.
Lombok est majoritairement musulmane, plus que Bali. Dans les villages ou à Mataram, adopter une tenue un peu plus couvrante (épaules et fesses cachées) aide vraiment à te sentir à l’aise et respectée. Sur les plages très touristiques autour de Kuta Lombok ou sur les Gilis, le maillot est normal, mais tu peux adapter ton style à l’ambiance : éviter les strings ultra voyants là où tout le monde se baigne habillé, par exemple.
Et surtout, si tu ne le sens pas, tu t’écoutes. Un chauffeur trop insistant, un bar où l’ambiance tourne bizarre, un groupe d’hommes ivres qui t’observent lourdement. Il vaut mieux partir, changer de lieu ou rentrer. L’intuition est un vrai outil de sécurité, quelque soit le lieu.
Préparer ton voyage en Indonésie pour profiter de Lombok sereinement
Beaucoup de gens combinent Bali et Lombok dans le même trip : quelques jours à Ubud pour les temples et les rizières, un peu de snorkeling à Gili Air, puis le sud de Lombok pour Kuta Lombok, les plages de sable blanc et les spots de surf. D’autres passent par Java ou poussent jusqu’à Komodo et Flores dans le même archipel.
Pour voyager en toute sécurité, le plus simple est de choisir des hébergements bien notés, de vérifier les avis récents (notamment sur Kuta Lombok, Tetebatu, Senggigi ou Mataram) et de ne pas surcharger ton itinéraire. Plus tu es crevée, plus tu prends des décisions bancales, surtout pour le scooter ou les sorties de nuit.
Côté santé, on reste très large : il y a des moustiques, un risque de dengue ou de chikungunya dans certaines zones, et parfois du paludisme en Indonésie hors Bali. L’idéal est de consulter un médecin avant le départ ou un centre de vaccination comme l’Institut Pasteur, qui te dira si un traitement antipaludique est utile pour ton itinéraire précis, et quels vaccins ou répulsifs privilégier. On n’entre pas dans les dosages ici : l’objectif est juste de te rappeler de demander conseil avant de partir.
Enfin, garde en tête que tu peux toujours ajuster ton plan : changer d’hôtel si tu ne te sens pas bien, modifier ton itinéraire si une zone ne t’inspire pas, renoncer à une excursion vers une plage ou un volcan si les conditions ne sont pas rassurantes. Tu n’es pas venue en Indonésie pour cocher des cases, mais pour profiter. Lombok ne sera jamais un endroit à “zéro risque” (aucune destination ne l’est), mais avec un peu de bon sens, quelques infos à jour et un rythme qui te respecte, tu peux y voyager de manière tranquille et vraiment agréable.


